Qui a voulu profaner Auschwitz?
L'enseigne «Arbeit macht frei», qui ornait l'entrée du camp nazi depuis 1940,
a été volée dans la nuit de jeudi à vendredi.
La police polonaise n'a pas le moindre indice sur les auteurs du larcin.
L'affaire a choqué Israël, ému l'Allemagne
et bouleversé les rescapés de la Shoah et leurs descendants.
Selon la police polonaise, l'enseigne en fer forgé, installée dès 1940
à l'orée du camp de concentration numéro un
(les chambres à gaz, se trouvaient dans le camp numéro deux, Birkenau),
a été décrochée entre 3 h 30 et 5 heures du matin,
à l'insu des vigiles qui assuraient la garde du site.
Mais qui et combien étaient-ils?
Et pour quel dessein absurde opérer un hold-up
sur l'une des expressions les plus cyniques du nazisme?
Assurément, ils étaient organisés.
C'est une enseigne de cinq mètres de long qu'il a fallu dévisser.
Et ils ne pouvaient ignorer le retentissement qu'aurait leur acte.
A un mois de l'anniversaire de la libération d'Auschwitz, le 27 janvier 1945,
l'émotion des rescapés de l'Holocauste est intense.
«Je réagis avec colère, s'emporte Raphaël Esrail,
le président de l'Union des déportés de France.
Voler ce symbole de la déchéance et de la perversité nazie,
c'est un déni d'histoire intolérable.»
ne pas oublier, ICI.